Point chaud: Gaza asphyxiée Spécial

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  • 1er février à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Bientôt la famine? Et une épidémie? 1er février à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Bientôt la famine? Et une épidémie?

    La situation dans la bande de Gaza est chaque jour plus grave. La polémique sur l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) ne masque cependant pas la situation locale qui, de bombardements en destructions, vire à la famine.

    L’UNRWA?

    C’est le nom de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens. Ce programme onusien existe depuis décembre 1949. Il a été créé suite à la première guerre israélo-arabe, consécutive à la création de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948. Son siège est partagé entre Amman (Jordanie) et Gaza. Son budget: 925 millions de dollars. Ses employés: 33’000. Son directeur, appelé commissaire général, est l’Helvético-Italien Philippe Lazzarini.

    L’accusation?

    Selon Israël, l’UNRWA serait «fondamentalement compromise» par des terroristes islamistes. L’Etat hébreu accuse l’agence des Nations unies d’avoir douze de ses employés de la bande de Gaza impliqués dans l’attaque du 7 octobre 2023. Le Hamas l’aurait infiltrée. En raison de cette accusation, d’importants pays donateurs, notamment les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, annoncent la suspension de leur aide à l’organe onusien. L’UNRWA, qui s’est vite séparée de plusieurs employés accusés d’être compromis par le 7 octobre, a répliqué en demandant une enquête indépendante – la Suisse attend ses résultats pour se prononcer sur une suspension ou non. Elle a aussi averti qu’elle devrait arrêter ses opérations sur place d’ici fin février en raison de la suspension des fonds. Ce blocage est donc très grave.

    Est-ce fondé?

    L’UNRWA ne peut bien entendu pas contrôler l’opinion politique de ses 33’000 employés. Vu le contexte local – le Hamas dirige la bande de Gaza depuis 2007 –, il est loin d’être impossible que des employés de l’agence onusienne soient des militants cachés du mouvement incriminé. Selon des documents obtenus par le Wall Street Journal, un employé sur dix de l’UNRWA aurait des liens (mais à quel niveau?) avec des organisations terroristes palestiniennes, qu’il s’agisse du Hamas ou d’autres.

    Contre-attaque?

    L’accusation d’Israël contre l’UNRWA doit aussi se comprendre comme une contre-attaque politique. En effet, l’Etat hébreu a été récemment accusé par l’Afrique du Sud de «génocide». Une dénonciation gravissime vu son écho historique. Le 26 janvier, la Cour internationale de justice ne s’est pas prononcée sur cette imputation (l’examen de fond peut prendre des années). Mais elle a édicté des ordonnances d’urgence, demandant à Israël d’autoriser l’accès humanitaire à Gaza et d’empêcher tout acte éventuel de «génocide». Quoi qu’il en soit, discréditer l’UNRWA revient, pour Israël, à semer le doute en faisant passer l’agence onusienne pour un organe gangréné par les islamistes. Cela justifie ainsi les buts de guerre de l’Etat hébreu, qui clame vouloir éradiquer complètement le Hamas.

    Sur le terrain?

    La guerre ne faiblit pas. Le nombre de Gazaouis tués s’élèverait à plus de 27’000. Le spectre mortifère de la famine et des épidémies plane sur la bande de Gaza. L’idée d’une trêve, en raison des pressions internationales, fait en revanche son timide chemin. Mais l’extrême droite, importante dans le gouvernement Netanyahou, a déjà averti: elle renversera le Premier ministre israélien si un accord met fin à la guerre. 

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    «Tout en priant pour les victimes, leurs familles et toutes les personnes affectées, nous espérons que les opérations militaires cesseront bientôt», indique à l’agence Fides l’association Religions pour la paix qui promeut le dialogue interreligieux au niveau international. L’association espère que «nous reprendrons le travail pour construire une coexistence pacifique qui ne peut être fondée que sur l’équité, ce qui signifie l’acceptation, une fois pour toutes, du droit de l’Etat d’Israël à exister et du droit du peuple palestinien à son propre Etat indépendant».

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